Nouvelle observation d’Ischnura hastata (Odonata : Coenagrionidae) en Martinique Société d'Histoire Naturelle l'Herminier

Nouvelle observation d’Ischnura hastata (Odonata : Coenagrionidae) en Martinique

Au cours d’une visite d’une mare privée de la commune de Rivière Salée, le 3 mars 2013, dans le but de repérer d’éventuelles Tortues de Floride (Trachemys scripta elegans), nous avons eu la chance de découvrir une belle population de Ischnura hastata. L’espèce n’avait été observée en Martinique qu’à deux reprises, réduite à une fragile population sur la commune du Morne Vert et à un individu erratique aux abords de Balata (R. Delannoye, Comm. Pers.). 

Cette observation est intéressante plus d’un titre.
Il s’agit d’abord d’une belle population dynamique et bien implantée qui correspond à l’écologie de l’espèce. Au contraire des deux précédentes observations d’altitude, la présente mare se trouve en plaine, en bordure de mangrove, et offre des conditions idéales pour l’espèce : mare ouverte située au cœur d’une pâture enherbée et inondable, entourée d’une ceinture variable d’Helophytes. La population est estimée à une bonne centaine d’individus, avec de nombreux immatures et émergeants. Quelques exuvies ont d’ailleurs été observées sur les tiges d’Hélophytes, à moins de cinq centimètres de hauteur.
Il s’agit ensuite d’une station située dans une zone largement prospectée, en vain, car justement considérée comme potentielle pour l’espèce (la Poterie, notamment, offre des milieux intéressants, pour peu que quelques bassins échappent à la salinité).
Ischnura hastata possède de réelles capacités de dispersion, avec un fort erratisme chez les immatures, comme le confirme l’observation de Balata. Ainsi, cette population dont on ignore la pérennité passée (la station n’avait jamais été inventoriée) est à suivre, tout comme les mares alentours, afin d’observer ou non sa progression.
L’espèce, rare en Martinique mais bien présente en Guadeloupe, semble entrer en concurrence avec Ischnura capreolus, quant à elle assez commune en Martinique mais bien plus rare en Guadeloupe. Dès lors, le suivi en Martinique de cette espèce, moins exigeante pourrait permettre d’estimer à moyen terme l’hypothèse d’une progression vers le sud de l’arc antillais, au détriment de sa concurrente. 

 Milieu  Mâle  Femelle

Milieu, mâle émergeant et femelle consommant une araignée ravie dans sa toile (d’autres photos sont disponibles dans la photothèque)

 Bibliographie :

Meurgey F. & Picard L., 2011. - Les libellules des Antilles françaises. Biotope, Mèze (Collection Parthénope) ; Muséum national d’Histoire Naturelle, Paris, 440 p.

F. Meurgey

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