Contribution à l’inventaire de la flore dulçaquicole de la Guadeloupe : les « espèces exotiques envahissantes » Société d'Histoire Naturelle l'Herminier

Contribution à l’inventaire de la flore dulçaquicole de la Guadeloupe : les « espèces exotiques envahissantes »

Dans le cadre d’une actualisation des connaissances sur la flore dulçaquicole exotique envahissante, la Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DEAL, précédemment DIREN, Basse-Terre, Guadeloupe) et la Société d’Histoire Naturelle L’Herminier (SHNLH, Nantes) ont engagé un inventaire visant à établir une liste des espèces présentes, leur répartition sur les îles de la Guadeloupe, pour tenter de dresser un état de l’envahissement des biotopes aquatiques par cette flore.

Trois taxa se distinguent par la prolifération de leurs populations : Typha domingensis Pers., Eichhornia crassipes (Mart.) Solms et Hydrilla verticillata (L. f.) Royle. Le roseau de Saint-Domingue est l’espèce qui montrent un accroissement de son aire de répartition le plus dynamique, tandis que la jacinthe d’eau est déjà très commune et occupe une grande diversité de biotopes, alors que l’hydrilla semble n’avoir pas étendu son aire de répartition.

La laitue d’eau (Pistia stratiotes L.) est une espèce exotique dont les populations ne semblent pas être localement envahissantes.

Deux espèces n’ont pas été retrouvées : le cabomba de Caroline (Cabomba caroliniana A. Gray) et la vallisnérie spiralée (Vallisneria spiralis L.) observés en 2006 (Maddi & Meurgey 2006) et encore présents en 2007.

Cinq taxa nouveaux pour la Guadeloupe, voire pour les Petites-Antilles, ont été observés : Salvinia molesta D. S. Mitch., Ceratopteris thalictroides (L.) Brongn., Limnocharis flava (L.) Buchenau, Ludwigia repens J.R. Forst. et Utricularia sp. (cf. Utricularia gibba L.) ; la présence de ces espèces s’explique dans le contexte ornemental des jardins d’eau. En raison de l’historique nuisible de l’espèce dans d’autres régions, la salvinie géante représente une nouvelle menace pour les écosystèmes dulçaquicoles guadeloupéens.

Enfin, quatre taxa rares et très rares à la Guadeloupe ont également été observés : Helanthium zombiense (Jérémie) Lehtonen & Myllys, Potamogeton nodosus Poir., Limnobium laevigatum (Humb. & Bonpl. ex Willd.) Heine et Wolffiella welwitschii (Hegelm.) Monod ; des mesures conservatoires mériteraient d’être prises particulièrement à l’égard de l’échinodore de Zombi qui est une espèce endémique uniquement connue dans une seule station, sise à la Guadeloupe, mais qui pourrait bien régresser face à la prolifération très dynamique d’un Eleocharis interstincta présent dans la même station.

Télécharger l’étude complète.

F.A. Maddi

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